Posted by Perriline on jan 13, 2010 in
Chansons et autres bizareries
Bonjour à tous ceux qui passent ici.
A défaut d’un nouveau chapitre des Landes, je vous propose une petite nouvelle. Certains d’entre vous la connaissent peut-être via le premier recueil de Délice citronné mais comme ceux-ci ont fermé, je tiens à vous faire partager ce texte dont j’ai repris les droits. Pour ce qui est des autres histoires, elles ne sont pas abandonnées, loin de là. Juste un petit syndrome de la page blanche qui fait que j’écris peu en ce moment.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Instant Fugace
A mon père…
Tout amour pense à l’instant et à l’éternité, mais jamais à la durée…
Nietzsche
Dans un ciel d’un bleu azur, un soleil de plomb frappait en cette journée de la fin du mois de juin. Le chant des cigales avait déjà depuis longtemps remplacé le chant des oiseaux, abattus par cette chaleur. Cette quiétude fut troublée par les cloches d’une église. Des cloches qui battaient à un rythme lent et ordonné. Dans cette église, un enterrement venait de se terminer.
Un cercueil de chêne laqué, porté par quatre hommes en costumes noirs, sortit en premier sur les marches usées de l’église. Derrière, le cortège commençait à se former, avec la famille en pleurs en premier, les amis et les connaissances ensuite. Après vinrent les quelques personnes restées en retrait de cette douleur palpable.
Tout ce monde se mit en route pour faire à pied la centaine de mètres qui les séparait du cimetière. Le cortège était silencieux. Seul le claquement des chaussures sur le goudron se faisait entendre. La mise en terre fut solennelle et recueillie. La femme et la fille du défunt posèrent un lys rose pâle et un poème lu quelques minutes auparavant dans l’église.
Comme à l’extérieur de toute cette tristesse, un homme attendait sous l’unique point d’ombre disponible, un cyprès plusieurs fois centenaire, au milieu des pierres tombales de marbre et de granit clair.
Cet homme était habillé d’un costume léger gris clair dont il portait la veste sur un bras replié et une petite besace sur l’autre épaule. Sa chemise blanche à manches courtes était légèrement déboutonnée au niveau du cou, lui permettant de ne pas étouffer par cette chaleur sèche. Quelques mèches de cheveux bruns foncés se perdaient sur son visage dont les traits et les yeux marrons ambrés exprimaient toute la fatigue d’avoir passé une journée entière dans les transports pour venir assister à cet enterrement. Même si rien à l’extérieur ne montrait sa sincère peine, elle criait, hurlait au plus profond de lui.
Une vieille dame, après avoir mis une poignée de terre sur la bière, eut un faible sourire en voyant cet homme en retrait et alla le rejoindre, le reconnaissant malgré les années passées.
- Cela lui aurait fait plaisir de te voir, Nathaniel, dit la voix étonnamment claire de la vielle femme.
- Je n’en suis pas sûr.
- Si. Il me parlait souvent de toi. Mais il est particulièrement triste de te revoir dans ces circonstances. Dis-moi, tu as un endroit où dormir ? Je ne pense pas que tu vas rentrer sur Londres ce soir.
- Non. Je pensais prendre une chambre dans l’hôtel du village et repartir demain.
- Dans ce trou à rat ? Hors de question.
Elle lui saisit un poignet et l’entraîna à sa suite, hors du cimetière.
- Tu viens à la maison. Il y a toujours eu de la place. Et puis, c’est ce que mon fils aurait voulu.
Nathaniel ne trouva rien à redire et suivit docilement la mère de son ancien ami. Ils passèrent devant l’église, la mairie et l’école communale sur le fronton de laquelle on pouvait lire : Ecole de garçons, sur la rue principale. Ils changèrent de route à l’angle de la boulangerie pour prendre une ruelle composée d’habitations. Encore une fois, ils tournèrent pour arriver devant une maison bourgeoise du début du XXe siècle, toute en hauteur. Les murs extérieurs étaient en briques rouges, plein de colonnades blanches et aux fenêtres en croisillons. Sur les côtés latéraux de la demeure, le lierre avait pris ses aises et gagnait un peu de terrain d’années en années. L’homme promena son regard sur le porche en fer forgé qu’il avait vu tant de fois lors de sa jeunesse en venant dans cette maison.
L’intérieur était exactement pareil qu’à sa dernière visite, quinze ans auparavant, l’avant-veille de sa rentrée universitaire. Seules les fleurs et les photos étaient différentes, bien qu’elles conservaient les mêmes vases et cadres photos vieillis. Une odeur de tarte aux poires et aux myrtilles, cuisinée un peu plus tôt pour le thé, embaumait les pièces et rappelait à Nathaniel des souvenirs d’une enfance heureuse. La vieille dame le conduisit à l’étage des chambres où elle lui montra la chambre d’ami où il allait passer la nuit, une pièce toute simple, dans les tons vert thé et blanc perle. Tout sentait le rustique et l’ancien mais le confort et la chaleur y régnaient. Il posa sa besace sur le lit aux vieux ressorts avant de faire un tour du propriétaire.
Plus tard, après un dîner des plus copieux, tous deux s’installèrent sur un banc, dehors, à profiter de la douce tiédeur des soirs d’été. Nathaniel trouvait la vieille femme, qui était aussi la mère du mort, très digne dans sa peine. Très loin des grandes effusions de larmes qu’il avait pu voir dans l’après-midi, sa peine était intérieure, comme la sienne. Ils passèrent deux bonnes heures à passer en revue ce qu’étaient devenus les gens du village, village dans lequel il n’avait pas mis les pieds depuis quinze ans. Puis elle retourna dans la maison pour allumer une lumière et revenir avec une petite boîte en bois laqué noir, ornée d’un paysage de fleurs dorées en filigrane. Elle la posa sur les genoux de l’homme avant de repartir.
- Crescent m’a donné cette boîte une semaine avant sa mort à ton intention. Comme s’il savait qu’il allait bientôt mourir.
Pour la première fois, une once de tristesse se sentit dans sa voix.
- Je savais …, dit-elle avant de passer le pas de la porte, laissant seul Nathaniel.
Il l’avait souvent vue sur le bureau de son ami sans chercher à savoir ce qu’il y avait à l’intérieur.
Des lettres. Des dizaines de lettres. Toutes étaient à son nom et timbrées mais aucune n’avait été envoyée. Une à une, il les ouvrit et les lut. Au fur et à mesure, des larmes coulèrent silencieusement pour s’écraser sur le papier noirci de mots, le ramenant des années en arrière, à quelque chose qu’il croyait avoir oublié.
Nathaniel rentrait pour les grandes vacances. Celles que toute personne étudiant attendait avec impatience pour tout oublier et essayer de nouvelles choses. Cette année-là, il avait vingt ans, plus exactement il allait les avoir fin juillet. Il rentrait chez ses parents, juste après avoir obtenu sa licence de droit économique qu’il suivait sur Paris. Contrairement à son habitude, il n’était que moyennement content de se retrouver dans le village de son enfance, se sentant coupable d’étaler sa réussite, alors que beaucoup de ses amis d’enfance s’étaient contentés de l’université de la ville d’à côté ou bien de trouver un travail car les parents n’avaient pas les moyens de payer leurs études.
Quelques jours après son arrivée en train pour trois mois de vacances, le jeune homme retrouva ses amis d’enfance lors d’une petite fête improvisée dans le bar du coin. Un des deux seuls au village.
Ils étaient quatre, cinq en comptant Nathaniel, à boire bière sur bière en racontant les dernières histoires sur les gens du pays. Baptiste était un grand gaillard de vingt-et-un ans, des plus simples et banals, aux cheveux blond clair et aux yeux marron. Il avait commencé à reprendre la ferme familiale suite à un petit scandale dans le village, un an plus tôt. Il avait mis enceinte une fille à peine âgée de dix-huit ans mais il avait assumé sa paternité. Son frère Loïc était d’un an son cadet et son portrait craché. Il suivait son petit chemin dans la fac locale, cherchant à devenir instituteur. Il y avait une fille, la seule de la bande, Lise. Elle était secrétaire à la marie suite à l’arrêt de ses études pour des raisons purement financières. Âgée de vingt ans, c’était un joli brin de fille qui faisait tourner beaucoup de têtes jeunes et plus âgées, ne refusant jamais une bonne partie de jambes en l’air mais elle s’était quelque peu assagie depuis les deux derniers mois, car elle fréquentait régulièrement Crescent, le dernier de la bande. Il avait le même âge que Nathaniel et était son plus proche ami. L’enfance passée ensemble les avait liés de façon irrémédiable bien que des petites dissensions avaient fait leur apparition et les avaient quelque peu éloignés l’un de l’autre. Sa carrure athlétique, ses cheveux noirs de jais et ses profonds yeux marrons à la limite du gris de Payne faisaient des ravages parmi la population sans qu’il n’y prête une réelle attention. Cela n’était pas sa préoccupation première. Avoir le niveau dans sa section d’architecture était plus important pour lui.
Tous avaient pris des chemins différents mais leur amitié les liait comme un fil de soie incassable.
Nathaniel se rappelait que lors de ce soir-là, les choses avaient commencé à changer de façon radicale.
Il était dans les environs de vingt-trois heures et Baptiste revenait à leur table, les bras chargés de la dernière tournée de bière qu’ils s’offraient de la soirée avant de retrouver, tant bien que mal, leur lit. Loïc et Lise avaient décidé de faire rire tout le monde avec les dernières blagues dont ils avaient pris connaissance tandis que les autres essayaient d’avoir une conversation des plus sérieuses mais sans grand succès. Nathaniel réprima un hoquet dans sa chope de bière quand il sentit un pied perfide remonter lentement le long de sa jambe droite et s’attarder un court instant sur son entrejambe avant de se retirer aussi soudainement qu’il était venu. Il jeta un œil interrogateur à Lise qui se trouvait en face de lui avec Crescent. Il se dit que la jeune femme ne manquait pas de culot pour faire ça bien qu’ils avaient par le passé partagé quelques moments ensemble. Normalement ça ne lui aurait rien fait mais là, il était frustré sexuellement parlant. Il n’avait pas touché une femme depuis six mois à cause d’un lourd programme universitaire, mais il n’y avait pas que cela. Intérieurement, il était en quête de nouvelles choses sans avoir le courage réel de les tenter. Une légère grimace passa sur son visage quand il pensa à cela. Plusieurs fois le pied revint à l’attaque avant que tous ne se lèvent pour regagner leur habitation respective. Il fut surpris de voir que Lise ne cherchait pas à lui parler ou à s’isoler avec lui. Il rentra chez lui, plus que troublé.
Une semaine et demie s’écoula, pendant laquelle Nathaniel ne cessa de repenser à ce petit incident, tournant et retournant ses pensées dans tous les sens sans trouver une réponse. Mais il trouva à la place un petit travail qui consistait à cueillir les framboises et les abricots chez les fermiers du coin. Cela lui ferait un peu d’argent et lui permettrait d’occuper ses journées d’oisiveté. Sa peau commençait à se couvrir d’une jolie couleur cuivrée, le rendant plus attirant encore. Il prit goût à flirter avec les ramasseuses sous le regard désapprobateur de Crescent qui travaillait aussi avec lui. Celui-ci n’avait jamais vraiment aimé qu’on s’amuse avec les filles, à leur faire espérer quelque chose, mais Nathaniel n’en avait cure, souhaitant plus que tout s’amuser. Après tout, il était en vacances et ses autres amis partageaient son point de vue sur la question mais cela l’attristait que son meilleur ami fasse la tête pour un si petit détail. Trois jours plus tard, la veille de la fête nationale, Baptiste et Loïc organisèrent une fête dans une grange aménagée à cet effet. Elle était bien en dehors du village, perdue au milieu des champs de blés mûrs. Une trentaine de personnes étaient présentes : tous des amis qui avaient fait leurs classes ensemble de la maternelle au lycée. Aux alentours de cette bâtisse, des tentes avaient été plantées pour éviter aux gens saouls de prendre les petites routes de campagne afin d’éviter tout accident.
Les festivités débutèrent tôt, vers les vingt heures, et deux heures plus tard, la moitié des personnes était déjà bien mal ou avait vomi une fois, aidée en cela par la circulation de certaines substances illicites. Assis sur un canapé défoncé, où à côté de lui, un couple nouvellement formé commençait à jouer les sangsues, Nathaniel s’ennuyait un peu sans savoir d’où cela pouvait venir. Pourtant l’ambiance était là, il était bien au niveau de l’alcool, de bonnes musiques faisaient le fond sonore en plus des rires, mais ça n’allait pas. Crescent non plus ne s’amusait pas, Lise étant plus occupée à draguer un de ses anciens camarades de classe qu’à lui tenir compagnie. Après tout, il s’en foutait, ils n’étaient pas mariés. Baptiste était occupé à l’extérieur de la grange à se disputer avec sa compagne à propos d’un oubli quelconque et Loïc était dans un coin avec deux copains à tirer sur un joint qu’ils faisaient tourner entre eux. En poussant un profond soupir Nathaniel se leva pour sortir de la grange mais il s’arrêta devant son meilleur ami.
- Ca te dit de sortir d’ici. J’en ai un peu marre. On pourra parler un peu, dit-il avec une esquisse de sourire.
- Ok.
Au départ, ils voulurent se poser dans le champ où les tentes avaient été plantées mais des bruits les en dissuadèrent rapidement. Au lieu de cela, ils prirent la petite route de campagne au goudronnage vieillissant, pour se perdre ensuite dans les cultures pas encore battues. Bien que le manteau du ciel fût des plus sombres avec pour seule lumière les multitudes d’étoiles brillant d’une pâle lueur, une chaleur bienveillante s’élevait de la terre, chauffée par un fort soleil tout au long de la journée.
- Là, souffla Crescent avant d’abattre sous son poids un carré de grandes fougères mâles, à côté d’un champ de blés pas encore battus et d’un petit ruisseau d’eau pure.
Nathaniel le suivit en faisant attention de ne pas s’asseoir sur le jeune homme. Un silence propice à la réflexion s’installa entre eux.
- Depuis combien de temps on ne s’est pas vu vraiment ? Demanda Crescent.
- Je ne sais pas mais ça fait un long moment. Au fait, pourquoi tu ne dis rien pour Lise ? Vous êtes ensemble, non ?
- Oui, de temps à autre mais ce n’est pas le plus important. Qu’est-ce que tu as fait cette année ?
Nathaniel croisa les mains derrière sa tête puis s’allongea dans ce tapis moelleux et presque doux et se mit à raconter de long en large son année passée à la capitale. Une légère brise chaude se leva pour faire danser les herbes hautes et les blés dans un mouvement souple.
Une main un peu rugueuse glissa sur sa joue et des lèvres tremblantes se posèrent sur les siennes. Elles avaient encore le goût de l’alcool bu un peu plus tôt dans la soirée. Malgré lui, Nathaniel répondit à cet échange hésitant comme un premier baiser d’enfant mais à la saveur incomparable. Ils eurent à peine le temps de reprendre leur souffle que déjà il attirait de nouveau les lèvres de Crescent aux siennes par une main autoritaire mise sur sa nuque.
Sans se poser de questions et sans échanger de paroles, les deux s’effeuillèrent maladroitement comme des adolescents ayant leur premier rapport. Crescent étouffa de petits bruits quand les mains de son meilleur ami firent connaissance avec son corps et quand il lui procura un grand plaisir avec une fellation qui l’amena aux septièmes portes du paradis. Nathaniel ne se contrôlait plus. En temps normal, toucher une parcelle d’homme de cette façon l’aurait répugné au possible mais pas là. Sa frustration l’aidant, il fit une croix là-dessus pour se faire la victime de ses propres sens. Crescent l’enivra avec des mains caressantes, des gestes osés, ode à la luxure.
Toujours allongé sur les fougères fraîches, Nathaniel se laissait faire comme une poupée, trop en proie à son plaisir, mais il eut un soubresaut et fit une légère grimace quand il sentit un étau de chair très serré s’abattre sur son pénis dressé. Une respiration douloureuse et une larme tombant sur son torse lui laissèrent deviner la douleur de Crescent dans cette pénétration sans douceur qu’il avait voulu de son plein gré. Il tendit ses mains pour rencontrer le visage de son ami et l’attirer à lui pour l’embrasser. Petit à petit, son bassin fit de petits mouvements lents, essayant d’être à l’écoute de son partenaire mais très vite il fut pris par son propre plaisir, jouant sur un rythme lent ou rapide. Sans le toucher, il réussit à lui faire perdre pied et à le faire venir avant lui. Ce corps parcouru de frisson l’acheva, le plongeant lui aussi dans un orgasme plus voluptueux que fugace. Quelques minutes lui furent nécessaires pour revenir sur terre mais Crescent l’y aida en recommençant ses caresses et ses baisers bien placés. Nathaniel le saisit pour le coucher sous lui et recommencer une seconde fois.
Ce fut la rosée du petit matin et sa fraicheur qui le réveilla. Il était seul. Tout son corps l’élançait à cause d’une mauvaise position prise pendant la nuit et le fait de dormir pratiquement nu au milieu de la végétation. Péniblement, il se leva et s’habilla de ses vêtements humides tout en regardant les marques rouges qui étaient à portée de ses yeux. Quelques unes étaient des traces de piqûres de moustiques et les autres des traces d’un instant de plaisir entre deux amis qui n’en étaient plus vraiment. Il quitta cet endroit qui avait été hors du temps pendant une nuit pour regagner la route et se prendre de plein fouet la réalité. Sous les premiers rayons d’un soleil qui s’annonçait brûlant dans la journée, il marcha cinq bons kilomètres, laissant son esprit se poser des questions sans réponses, se souvenant encore du plaisir qu’il avait pris entre les cuisses de son meilleur ami. Quand il rentra, ses parents ne lui posèrent aucune question, ayant l’habitude de le voir rentrer avec les rayons du matin quand il était en vacances et qu’il ne travaillait pas dans les champs.
Une semaine passa sans qu’il n’arrive à parler de ce qu’il s’était passé avec Crescent, soit parce qu’il était accompagné, soit parce qu’il ne trouvait pas les mots à dire, jusqu’à un matin où ils avaient à s’occuper tous les deux d’un champ de framboisiers, prêts à livrer les petits fruits à leurs petits bacs en bois fin. Nathaniel se mit à côté de son ami pour l’aider.
- Dis, pourquoi tu étais parti au petit matin ? Demanda-t-il, sans détour.
- Parce que je ne voulais pas voir ta tête au réveil, suite à cette petite expérience
- Petite expérience ? C’est bizarre comme petite expérience que de coucher avec un ami.
- Je voulais tenter ça et tu m’as semblé idéal
- Comment ça ?
Crescent allait répondre, mais des gens vinrent les interrompre pour les aider à faire la cueillette. Ne sachant pas ce qu’il lui prit, Nathaniel invita son meilleur ami à passer dans l’après-midi pour s’expliquer sur ce qu’il s’était passé entre eux, ce que Crescent accepta. Dans l’après-midi, le jeune homme fut terrassé par une soudaine fatigue qui le fit dormir pendant plusieurs heures de suite. Son réveil fut instigué par de vigoureuses secousses. C’était Crescent. Les parents de son ami lui avaient ouvert et lui avaient donné pour mission de s’occuper de leur fils pendant qu’ils allaient rendre visite à des connaissances. Nathaniel s’assit sur le lit de sa chambre qui portait encore des couleurs enfantines, se massa les yeux et les tempes, en proie à un fort mal de tête, tout ça sous le sourire moqueur de son meilleur ami. Pour se sortir des vapeurs du sommeil et être parfaitement frais pour une conversation-vérité, il alla sous une douche rapide. Mais ce qu’il n’avait pas prévu était que Crescent l’y rejoigne et lui fasse connaître la soumission du dominé sous l’eau tiède. Leurs batailles de corps se prolongèrent dans la fin de la journée, sur le lit une place. Le jeune homme n’avait pas vraiment de réponses à ses questions mais son corps était rassasié comme jamais auparavant. Il apprit que c’était Crescent qui lui avait fait du pied lors de la soirée au bar pour voir s’il était réceptif.
Les semaines qui suivirent furent pour les deux jeunes gens une occasion d’assouvir leur désir pour de nouvelles choses, une nouvelle ouverture. Dés qu’une idée leur passait par la tête, ils en faisaient part à l’autre, tentant de trouver un moment le plus rapidement possible pour satisfaire leur nouvelle lubie. Tous les lieux et positions y passèrent, inversant même les rôles. Ils étaient comme des sexfriends, en même temps liés par une vieille amitié. Ils s’étaient créés une sorte de bulle, isolée de tout mais qui resta fugace. Son éclatement fut aussi rapide que brutal car les heures, les jours et les semaines passèrent vite et septembre pointa le bout de son nez. Les grosses chaleurs se faisaient plus espacées et les gens préparaient la rentrée.
Nathaniel et Crescent n’en avaient pas parlé comme si c’était un sujet demeuré tabou entre eux, pourtant un malaise était né. Leurs étreintes se faisaient plus fortes, plus empressées, plus passionnées mais ils ne disaient rien, voulant ignorer le trouble qui serrait leur jeune cœur. Le jour du départ de Nathaniel pour la capitale, pour reprendre ses marques dans son environnement universitaire, arriva tel un couperet tranchant tout sur son passage. La veille, il passa voir Crescent chez ses parents pour lui dire au revoir et profiter une dernière fois d’une étreinte d’un instant mais celui-ci l’envoya sur les roses et passa ses nerfs sans raison sur lui, en ne lui disant qu’un simple au revoir sans le regarder. Nathaniel en fut blessé et sa blessure augmenta quand il ne le vit pas sur le quai de la gare du village. Bien qu’il fasse des grands signes à ses parents, le cœur n’y était pas et son visage se noua sous les larmes pendant l’heure qui suivit, comprenant qu’il venait de perdre son premier grand amour. Il s’en voulait de ne pas l’avoir vu plus tôt, préférant se noyer dans le plaisir de leur relation charnelle.
Il dut attendre trois semaines pour mettre en ordre ses sentiments et les coucher sur le papier d’une lettre de plusieurs pages qu’il envoya à Crescent. Il espérait une réponse quelconque, même s’il se faisait jeter mais elle n’arriva jamais. Après avoir cru un temps qu’elle avait été perdue par la poste, il prit le parti qu’il n’avait pas pris la peine de lui répondre, et ses espoirs de s’expliquer de vive voix pendant les vacances de Noël furent durement brisés quand ses parents lui apprirent à la fin du mois d’octobre qu’ils allaient déménager pour la Grande-Bretagne début décembre. Son père profitait d’une occasion de travail qui ne se présentait qu’une fois dans une vie.
Devant ce refus de communiquer et un sort qui s’acharnait sur lui, Nathaniel resta quinze ans sans nouvelles, devenant un requin de la finance sans réelle relation à part quelques liaisons, et il reçut un choc immense quand une lettre lui parvint, l’invitant à se rendre à l’enterrement de Crescent deux jours après. Ce fut la plus grande claque qu’il reçut de sa vie.
Les mains tremblantes et des larmes sans fin tombant sur le papier empli de mots, Nathaniel lisait les lettres. Toutes des réponses, des dizaines de réponses à la lettre qu’il avait envoyée quinze ans plus tôt. Crescent n’avait jamais trouvé le courage de les envoyer, par peur des sentiments qui s’abattaient sur lui, aussi sûrement qu’une tempête et aussi à cause d’autres choses. Son écriture exprimait ses doutes, son trouble, sa passion, son envie, son désir, ses sentiments et son amour. Le temps avait passé et fut perdu. Aucune promesse d’instant ou d’éternité ne résistait à celui-ci et c’était ce qui faisait le plus mal. Ce constat fut comme des poignards pour l’homme qui avait grandi. Pour la première fois depuis longtemps, il laissa parler et sortir toute sa peine refoulée. Pendant de longues heures, il se retrouva à pleurer sur le banc, des grillons chantaient encore sous la faible lumière du lampadaire du jardin.
Ce fut vers les deux heures du matin que Nathaniel trouva la force de se traîner jusqu’à son lit d’une nuit pour dormir d’une traite jusqu’au lendemain midi.
Après avoir remercié la mère de Crescent pour son hospitalité malgré cet évènement douloureux, il prit le chemin de la gare. Pendant qu’il marchait, ses pensées étaient encore perdues dans ses souvenirs. Il passa devant son ancienne maison. Bien que la façade soit toujours la même, le grand jardin avait changé de végétation et faisait la part belle à de nombreux jouets d’enfants multicolores. Ne voulant pas à nouveau pleurer comme il l’avait fait la veille, il se mit à courir très vite pour arriver à bout de souffle à la gare, tout juste rénovée pour lui faire revivre la splendeur du début du vingtième siècle.
Il composta son billet à une borne jaune qui fit des siennes puis alla sur l’unique voie sous une avancée de fer et de verre pour protéger les voyageurs du soleil violent de cette fin de juin. Une dizaine d’autres personnes attendait aussi le train régional pour prendre une correspondance dans une ville plus importante. Nathaniel se plaça au bord du quai, au-delà de la ligne de sécurité jaune. Le train arriva, diminuant peu à peu sa vitesse pendant que le chef de gare criait aux gens de s’écarter mais lui n’entendit pas cet ordre. Au contraire, il avança la pointe de ses pieds qui ne touchaient plus le sol dur et bascula en avant.
Des cris résonnèrent dans sa tête, une douleur vrilla son corps de part et d’autre et ce fut l’obscurité froide qui prit son être.
Comme un diable sortant de sa boîte et poussant un grand cri, Nathaniel se redressa dans son lit, faisant glisser son drap humide de transpiration sur ses cuisses. Ce rêve des plus réels lui procura des frissons de peur. Rien ne calma ses tremblements jusqu’à ce qu’une main tendre se pose sur son épaule gauche. La lumière d’une lampe de chevet vint éclairer la chambre. Nathaniel se tourna vers la personne qui partageait son lit.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? Dit-elle d’une voix ensommeillée.
- Rien, Crescent. Rendors-toi.
- Non, ce n’est pas rien pour que tu aies crié comme ça.
- C’est rien.
Voyant que son amant n’avait pas décidé de lui en parler, il lui saisit le bras pour le renverser sous son corps que les années lui avaient façonné à la manière d’une statue de marbre. Traîtreusement, il glissa d’un geste direct une main sous le drap bleu pour prendre la virilité de son compagnon. Il lui imprima un mouvement qui ne la laissa pas indifférent longtemps, jusqu’à ce que Crescent la serre à lui en faire mal.
- Dis-moi de quoi tu as rêvé sinon je continue à te faire plus de mal que de bien.
- J’ai rêvé que tu étais mort et que j’allais à ton enterrement.
Son amant haussa un sourcil.
- Et que ta mère me donnait une boîte où il y avait toutes les réponses que tu n’avais jamais eu le courage d’envoyer. Et je revivais l’été de nos vingt ans.
Crescent retira sa main et la posa sur le torse de son compagnon avant de s’allonger totalement sur lui dans un geste amoureux.
- Ce fut le contraire puisque je t’ai répondu.
Il lui fit poser une main sur son cœur qui ne battait que pour une personne et pour lui prouver qu’il était bien vivant et à ses côtés. Leur relation était un instant fugace qui demeurait pour eux depuis plus de quinze ans.
FIN
Mots-clefs :Instant Fugace, nouvelle, Perriline
Posted by Perriline on déc 10, 2009 in
Le temps d'un été

Baptiste essayait de garder son calme au milieu des monceaux de tissus, des litres de parfums mal dosés sur les peaux féminines. Il se demandait ce qu’il faisait là. Peut-être accompagner sa sœur à la boutique de robes de mariées pour l’aider à choisir la sienne, tel était le souvenir qu’il se rappelait en la voyant sortir de la cabine d’essayage dans une robe à volants et dos nu rouge et beige. Les vendeuses et couturières s’affairaient autour d’elle pour arranger quelques détails. Tout cela n’était pas la tasse de thé du jeune homme, mais il devait avouer que sa sœur avait fière allure. Il la trouvait magnifique. Pourtant, un je ne sais quoi faisait que sa robe n’allait pas avec son tempérament, ce qu’il ne manqua pas de lui faire remarquer. Cependant, il le fit de manière diplomatique en prenant les atouts physiques de sa sœur comme arguments de poids. Le jeune homme n’avait pas envie de voir arriver un horrible bonbon rouge à l’autel. Après de longues minutes de négociations, Isaline se rangea à son avis, partit à la recherche d’une nouvelle robe dans le vaste choix disponible sur le conseil de son frère.
Pendant ce temps, Baptiste sortit de la boutique à la recherche du buraliste du bout de la rue du Onze novembre. Il lui fallait un magazine pour tenir le coup, ce n’était pas l’affaire d’une petite matinée contrairement à ce que lui avait dit la jeune femme. C’était toute une journée qu’il allait devoir passer dans ce lieu si cela continuait ! Dieu qu’il aurait préféré être dans les champs, même sous la plus accablante des chaleurs ! Mais sa mère en avait décidé autrement, elle ne pouvait pas s’y rendre, occupée par une autre partie de l’organisation de l’événement.
Cinq minutes plus tard, un magazine littéraire sous le bras, Baptiste regarda à l’angle de la boutique où le marché du mardi débutait pour s’étendre sur la grande place de la mairie et quelques rues avoisinantes. Des multitudes de toiles de parasols aux divers motifs et couleurs recouvraient ce qui était ordinairement des pavés. Les étales portaient mille et une merveilles pour les yeux, les oreilles, l’odorat qui étaient plus que satisfaits. De douces odeurs d’épices méditerranéennes venaient chatouiller ses narines avant qu’il ne se rende compte que le stand se trouvait juste à côté de lui. D’autres avaient leurs étales croulant sous la charcuterie lyonnaise, les fromages des Alpes et des Cévennes, les liqueurs faites à partir des fleurs et des fruits de montagne et de la plaine, ainsi que du bric-à-brac des quincailliers, des objets de maison en bois façonnés par des artisans, et toujours de ces éternels attrape-touristes qui commençaient à affluer à L***. D’où il était, Baptiste apercevait quelques personnes de ses connaissances mais un grand cri de sa sœur le rappela à l’ordre. Elle se trouvait dans la rue, en corset et jupons, et exhortait son frère à venir reprendre sa place. Ce n’était plus la gentille et douce jeune femme de tout à l’heure.
Ce fut en trainant les pieds qu’il retourna à la boutique et à son fauteuil d’observation. Un mince espoir vint le titiller au moment où il ouvrit sa revue et qu’Isaline regagnait sa cabine avec un nouveau vêtement. Un bon quart d’heure après et des gros mots dans tous les sens, Isaline fit son apparition dans une robe bustier vert tendre noué dans la nuque par un nœud de soie crème, le reste de la jupe se composant d’une multitude de couches de taffetas à des longueurs variées pour donner une robe trainant par terre à l’arrière et d’une épaisseur qui ne la faisait pas ressembler à une meringue trop gonflée. Elle lui allait bien, comme une douce brise de printemps tout en montrant discrètement les formes qu’elle prenait petit à petit.
Cependant quelques petits détails n’allaient pas, sous les bras par exemple : une pliure mal placée au niveau de la taille, ou encore les ourlets du bas à reprendre de façon à ce qu’Isaline ne marche pas dessus avec ses chaussures à talons. À ce moment-là, la clochette de la porte d’entrée retentit et la mère des deux jeunes gens fit son apparition, les bras chargés de pochettes et de papiers. La patronne de la boutique, une bonne amie à elle, l’aida à se soulager de ses paquets.
- Mon Dieu, mais c’est pas la robe qu’on avait commandée pour toi, Isa, remarqua la mère tout en jetant un œil critique à la tenue.
- Je sais maman, mais après réflexion et un avis pour une fois pertinent de mon petit frère, l’autre ne m’allait pas. J’ai cherché et j’ai trouvé celle-ci qui me plaît mieux. En plus, elle est moins chère, répondit la jeune femme en faisant un grand sourire à sa mère et en lui montrant l’étiquette de son corset.
- Je sais pas ma chérie. Ça me plaît moyennement.
- Maman, déjà que vous m’obligez à me marier pour aller avec les convenances, je peux quand même choisir ma robe et certaines autres choses qui sont censées faire de ce jour, le plus beau jour de toute ma vie.
Un grand silence gêné prit place au milieu des personnes en présence face à la violence cachée dans ces mots, jusqu’à ce que la mère lâche un petit sourire nerveux. Tous le monde reprit ses occupations comme si de rien n’était sauf Baptiste qui dut abandonner son magazine au profit de documents que sa mère lui avait apportés. Plus tôt dans la matinée, elle était allée faire l’inscription de son fils au lycée de la petite ville pour son année de terminale. Les parents avaient décidé en accord avec leur enfant, qu’il ferait sa dernière année près de sa famille et de son environnement. La liste de ses fournitures et surtout des livres à lire pour la rentrée fut donnée au jeune homme.
- Tu as qu’à aller les acheter et revenir ici, lui suggéra-t-elle.
- Je rentrerai par mes propres moyens tout à l’heure, je passerai pas encore une heure dans ce magasin, c’est pas pour moi.
- Baptiste… Autrement tu nous attends devant la voiture dans une heure.
- Je vous connais trop bien toutes les deux pour savoir que ça durera plus longtemps. J’aurais plus vite fait de rentrer à la maison à pieds. Cinq kilomètres, c’est rien au final.
Beaucoup de parents auraient rappelé leur enfant à l’ordre, même administré une claque, mais la pauvre femme savait que cela ne servait à rien, qu’il ne rentrerait pas avec elles. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était lui donner les règles de sécurité habituelles. Cependant, il n’oublia pas de remercier sa mère en la serrant dans ses bras et en lui laissant un baiser sur une joue. Il prit les papiers à l’entête du lycée qu’il fourra dans sa vieille besace dénichée dans un surplus militaire et partit, content de quitter cet univers avec lequel il n’était pas vraiment familier et avec lequel il ne souhaitait pas vraiment l’être.
Il passa le reste de sa matinée à se perdre dans les rues du marché, à saluer les marchands habituels, à acheter une partie de la liste des fournitures, moins importante que dans le pensionnat. Malgré le fait qu’il se soit bien lié d’amitié avec certains de ses condisciples, ils n’arrivaient pas à lui manquer comme les autres. De temps en temps, il recevait une carte postale de leurs lieux de villégiatures avec des commentaires heureux. Dieu que Baptiste aimait l’insouciance des vacances d’été, des amours sans réel lendemain, des discussions jusqu’à point d’heure.
Ce fut vers les treize heures que le jeune homme se décida à remonter les cinq kilomètres de route sinueuse jusqu’au village. Elle était dangereuse à cause de deux virages serrés, souvent couverte de verglas lors des jours de gelée. Son regard se perdait dans les vastes étendues d’herbes où des animaux paissaient tranquillement, seulement soucieux de trouver de l’herbe et de l’ombre. Il commençait à voir le haut du village quand il entendit le bruit familier d’un tracteur plein, peinant à prendre la montée. Il ne put s’empêcher de tourner la tête afin de regarder qui montait la machine infernale. C’était le frère de Victorien qui remontait une remorque pleine de fruits. Ce dernier arrêta sa machine à hauteur du jeune homme, serra le frein à main puis l’invita à s’asseoir sur le protège-roue derrière.
- Tu viens d’où comme ça ? Lui demanda le frère de Victorien.
- De L***, ma sœur essaye sa robe de mariage et je devais être celui qui l’accompagnait pendant que ma mère m’inscrivait au lycée.
- C’est vrai que le mariage est pour bientôt. Ça sera sans nul doute une très belle mariée.
- C’est vrai que tu avais un faible pour elle, il y a quelques années, dit Baptiste pensif.
- Oui mais ça n’est jamais vraiment allé plus loin et c’est mieux comme ça. Sinon, ça y est, tu passes bien l’année ici ?
- Oui. J’ai déjà du travail pour la rentrée, continua le jeune homme en montrant fièrement son sac de livres.
- Il faut vraiment être taré pour lire autant de livres. C’est les vacances, Baptiste, profites-en pour sortir, t’amuser avec tes amis, vivre des amours de vacances, je ne sais pas, moi. Tu auras toute l’année scolaire pour te prendre la tête avec les cours, mais s’il te plaît, évite de mettre des idées à la con dans la tête de Vic, il en a déjà assez comme ça.
Cette dernière précision ne manqua pas de faire sourire le concerné.
- J’essayerai mais je promets rien.
- Je m’en doute mais on peut toujours demander. Oh merde, la vieille Suzon ! fit le fermier entre ses dents.
Baptiste perdit aussitôt son sourire pour le remplacer par une grimace. Cette personne âgée, habitant en face de la Mairie, était considérée comme une plaie vivante par tous les jeunes du village. Du haut de la fenêtre du premier étage de sa maison, elle scrutait toutes les allées et venues dans le village et se faisait un plaisir à colporter. De plus, quand on tombait dessus, il fallait des heures avant de pouvoir s’en défaire. En moins de temps qu’il fallait pour le dire, elle les interpella, obligeant le conducteur à arrêter son véhicule. Quand elle commença à parler de ce qui n’allait pas dans le village, le père de Baptiste eut la bonne idée de descendre la route pour aller à la rencontre de son fils car son épouse l’avait prévenu du dernier exploit du jeune homme. Ce fut avec un grand sourire que Baptiste abandonna son ami à son sort. Son père ne manqua pas de lui passer un sérieux savon avant de rentrer chez eux afin de préparer le repas qu’ils mangèrent tout les deux, les deux femmes de la famille n’étant pas encore prêtes de rentrer.
Ce weekend, un grand soleil frappait l’eau claire de la rivière où un grand nombre de personnes s’était installé sur les rivages sableux et les larges galets polis. Pendant que les parents se doraient sur les serviettes, les enfants et adolescents jouaient dans l’eau. Un peu au-dessus, il y avait l’accès à la route sur laquelle se trouvait le camping rempli d’hollandais et un bar-restaurant. La ville de L*** se trouvait à un kilomètre plus en hauteur. Ce lieu n’était pas seulement le rendez-vous des touristes mais aussi des jeunes du coin. Les idylles s’y nouaient aussi facilement qu’elles s’y dénouaient. Baptiste et Victorien avaient choisi ce lieu pour se faire la main comme ils avaient l’habitude de le dire. Le premier était allongé sur sa serviette posée sur une grande pierre tandis que le deuxième parlait avec intérêt à une étrangère blonde comme les blés et à la peau presque écarlate sous l’action du soleil.
Baptiste regardait distraitement des enfants jouer au ballon dans l’eau courant entre leurs jambes, plus occupé à observer la rive en face, où un petit bac de sable faisait le bonheur de certains jeunes couples sans aller au-delà de l’indécent. Il sentit un petit pincement quand il reconnut Irène tenant la main d’un garçon qu’il connaissait vaguement. Elle avait toujours été mignonne mais il trouvait que ces derniers mois lui avaient bien profité, plus qu’il ne l’avait pensé la dernière fois où il s’en était fait la remarque. Le tout était fort bien agrémenté d’un maillot de bain deux pièces noires en cache-cœur. La propriétaire lui fit un grand signe de la main dès qu’elle l’aperçut, et il le lui rendit. Au même moment, Victorien se laissa tomber à côté de lui avec un soupir de lassitude.
- Laisse-là tranquille, dit-il à l’intention de son meilleur ami. C’est toi qui l’as larguée et demandé de passer à autre chose.
- Je n’ai rien fait.
- Je connais ce regard, Baptiste. C’est celui du chasseur qui a une nouvelle fille en tête.
- Non.
- Regarde autre part. Ce n’est pas les autres filles qui manquent.
- Et toi ? Où est passée la blonde collante ?
- Fade, sans aucune saveur. Même pas un peu de résistance. Où est passé le défi quand tu n’as qu’à te glisser entre ses cuisses ?
- Vic ! s’exclama son interlocuteur mi-outré, mi-amusé.
- Ne fais pas ton choqué. Des fois, tu es plus vulgaire sur ce sujet. Est-ce que je dois te rappeler une certaine Hélène, l’année dernière, à la fin de l’été et de certains de tes commentaires ?
- Ça va, fit Baptiste se tournant, vexé.
Il entendit son meilleur ami rire derrière son dos avant que ce dernier se relève et parte se baigner. Ce qu’il n’avait pas vu, c’était que le jeune homme avait pris aux enfants leur saut en plastique et l’avait empli d’eau vive dans le but de le verser sur son meilleur ami. Un grand cri sortant de sa bouche se fit entendre et amusa beaucoup Victorien. C’était un des jeux de gamins qu’ils aimaient toujours faire, même s’ils étaient presque adultes. Baptiste se regarda ainsi que sa serviette trempée avant de se jeter sur le fauteur de troubles, et essaya de faire semblant de le noyer sans grand succès, car il lui manquait la force nécessaire pour prendre le dessus. Cependant sa colère passa bien vite pour le faire rire aux éclats, profitant même du point faible de son ami, les chatouilles. Aussitôt que des mains s’approchaient en bougeant un peu, Victorien était tout de suite plié de rire, le fou rire venant dés que la torture commençait. Sur la rive, à moitié les pieds dans l’eau et Baptiste assis sur lui, le jeune homme se tortillait dans tous les sens pour s’échapper jusqu’à lui intimer fermement l’ordre d’arrêter.
- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Baptiste en se relevant surpris par le ton employé et la brusquerie de son ami.
- Il faudrait peut-être arrêter ces jeux de gamins, tu penses pas ?
- Oui mais de temps en temps, cela ne fait pas de mal de s’amuser comme des gamins.
- Pas si sûr.
- Je peux savoir quelle mouche te pique là ? S’écria-t-il, ne manquant pas de faire retourner quelques têtes vers eux.
- Rien. Bon, tu viens ? J’aimerais quelque chose à boire au bar, lui répondit-t-il en désignant du doigt l’établissement plus haut.
Baptiste se contenta de hocher la tête à l’affirmative tout en se demandant pourquoi son meilleur ami venait d’avoir une réaction comme celle-ci. Il avait de plus en plus l’impression que leur amitié n’était plus la même, que quelque chose s’était perdu en un an. Peut-être le fait qu’ils grandissent les éloignait inexorablement. Baptiste n’en savait rien mais préférait ne pas y penser. D’autres choses plus importantes occupaient son esprit comme le mariage de sa sœur, reconquérir Irène mais surtout le Bal de la fête nationale. Il prit sa serviette mouillée, son sac empli de ses vêtements et se décida à monter la volée de marches le séparant du bar.
J’espère que ca vous a plu. Je m’étends pas dans de longs discours cette fois-ci, encore des partiels à réviser. La prochaine fois, c’est à dire vers noël, le nouveau chapitre des Landes déjà bien à la moitié.
Je vous fais pleins de bises.
Mots-clefs :3e Partie, Baptiste, Irene, Le temps d'un été, Perriline, Victorien
Posted by Perriline on nov 28, 2009 in
Tasse de tabac [en cours]
Tasse de tabac
Tout l’espace résonnait du cliquetis des doigts sur les claviers d’ordinateurs dans cette vaste pièce emplie de bureaux de verre. Les cadres s’affairaient à donner les directives à leurs subordonnés, avant que de grands cris ne viennent interrompre cette routine bien huilée. Comme d’habitude, cela venait du bureau du directeur et toujours pour la même raison. Le directeur des exportations venait une nouvelle fois de faire preuve de son sale caractère pour faire valoir ses chiffres et sa politique du moment.
Puis, les portes claquèrent, laissant passer un homme du milieu de la trentaine, aux courts cheveux noirs, au teint cireux de fatigue et aux petits yeux noirs perçants. Sa main droite fouilla une poche de sa chemise blanche à manches longues pour en sortir un paquet de cigarettes, des Craven A. Il en extirpa une des dernières tiges blanches qu’il restait. Les bureaux étaient non-fumeur mais déjà, il la portait à ses lèvres sous les regards réprobateurs des collaborateurs. Sentant qu’il allait déclencher leur ire, sa route s’acheva dans la salle fumeur, plus communément appelée le « bocal à poissons » en référence à son aspect exigu.
Ces bouffées de fumée étaient sa soupape contre la crise de nerfs menaçant de le gagner rapidement. C’était toujours comme ça à chaque fois qu’il présentait ses chiffres à la direction. Melvym Boissy était le directeur du secteur des exportations d’une grande entreprise de micro-informatique depuis cinq ans. C’était quelqu’un de reconnu dans son travail pour être très efficace, un vrai robot ne pensant à rien d’autre qu’aux chiffres, ne souriant jamais mais ne rechignant pas non plus à se mêler aux conversations et avec un don pour expliquer les choses. Cependant, malgré ses excellents résultats, ses méthodes étaient vivement contestées par le directeur, au point que par deux fois, ils avaient failli en venir aux mains. Ce que ce dernier lui reprochait, était d’être têtu comme une mule, impulsif et d’être complètement accro à la caféine et à la nicotine.
Le trentenaire allait attaquer sa troisième cigarette tout en se servant un café à la machine, quand une main voleuse vint lui piquer sa bouffée de bonheur pour l’écraser soigneusement dans un cendrier à proximité. Melvym se racla la gorge de colère en attente d’un mot d’excuse, mais ce n’était pas le genre de la personne coupable. Le sourire satisfait de son second l’énerva encore plus qu’il ne l’était déjà.
- Qu’est-ce que tu veux, Gaëtan ?
- T’éviter un nouvel ulcère. Et ce n’est pas avec le magnifique florilège que nous venons d’entendre que ça va s’arranger.
- Mêle-toi de tes affaires.
- Les miennes sont justement de ne pas me retrouver avec un surplus de travail à cause d’un malheureux séjour à l’hôpital de Monsieur. Sur ce, je suis venu te chercher pour une visioconférence urgente avec les Américains. Enfin, une fois que tu auras fini cette cochonnerie de café….
Melvym regarda son second quitter la pièce, et passer devant les vitrines des bureaux avant d’entrer dans la salle de conférence. Pendant l’espace d’un instant, ses poings se serrèrent jusqu’à rendre les phalanges blanches, puis il alluma la dernière cigarette de son paquet. Ce n’était pas parce qu’il avait du travail en attente qu’il allait se priver de son antistress, même si les mots de son second lui restaient en tête.
Il allait le tuer. Il allait le tuer dès qu’il lui mettrait la main dessus. Lui et ses fichus conseils portant la poisse. Tendant et détendant les muscles de son dos contre le matelas mou de sa chambre d’hôpital, tout en pestant contre la sensation rugueuse des draps blancs. Voilà quatre jours qu’il était emprisonné de son lit de convalescence à maudire un peu tout et surtout son corps traitre. Melvym se revoyait faire sa présentation aux membres de son département quand une douleur intense au ventre le plia en deux. Il fut obligé de s’accroupir en position fœtale pour essayer de la faire se calmer mais elle redoubla d’intensité. Une personne eut la présence d’esprit d’appeler les secours et voilà comment l’homme s’était retrouvé à l’hôpital avec un verdict sans appel du médecin urgentiste puis du spécialiste. Un ulcère de l’estomac.
C’était l’addition du tabac, du café, du stress et d’aucun véritable repos de son corps qui avait eu raison de lui. Une semaine de repos en milieu hospitalier, des antistress proscrits, une alimentation équilibrée, des antibiotiques et d’autres médicaments étaient sa punition et le seul moyen d’éviter un nouvel afflux de sucs gastriques dans l’estomac et des douleurs encore plus importantes que la première fois.
C’est ainsi qu’il prenait son mal en patience, en dormant, en lisant des magazines que les infirmières lui apportaient, regardant les maïseries que les chaînes de télévision pouvaient diffuser au milieu de l’après-midi et la visite de quelques connaissances. Et finalement son second vint lui dire un petit bonsoir, un soir, presque à la fin des heures de visites, aussi lui passer un savon pour ne pas avoir écouté ses conseils. Melvym fit de même jusqu’à ce que les deux se rendent compte que ce qu’ils se disaient ne servait à rien. Pourtant Melvym avoua sur le bout des lèvres que ça lui faisait peur de mourir à petit feu.
- Alors, soigne-toi et ménage-toi.
- Je ne veux pas laisser tout ce que j’aime.
- Soigne-toi ou meurs sans aide. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? C’est toi qui as la solution. Pas moi.
Gaëtan avait des mots durs mais c’est ce qu’il pensait être bon pour le secouer, pour lui faire réaliser qu’une vie, c’était fait pour être vécu et non, pour faire que son travail. Mais cela ne trouva pas un grand écho auprès de son chef, au point qu’il finit par partir sans dire au revoir. Ce dernier ne savait pas comment réagir, c’était tel un violent coup de massue. On venait de le mettre devant le fait accompli, il n’aimait pas ça.
Une infirmière frappa et entra avec un plateau-repas. Comme d’habitude, il n’allait pas manger grand-chose, la nourriture n’était pas réputée pour être la meilleure. Sa table de chevet n’avait aucune denrée proscrite glissée par un visiteur attentif. Il fréquentait les personnes sans chercher ou vouloir les connaître, et le résultat cruel de tout cela, était la solitude. Seul au milieu de tout le monde.
Melvym, assis à son bureau, à consulter les derniers chiffres de la bourse, était de retour au travail après un mois et demi passé loin de celui-ci. Son corps et son esprit se plaisaient dans ce lieu, si particulier, comme une autre drogue. N’entendait-il pas se chuchoter sur son passage que c’était un vrai drogué, avec tout(e) le mépris possible dans le ton des voix ? Depuis qu’il était rentré, ces petites attaques ne le laissaient plus de marbre comme avant mais comme d’habitude, il se tut, préférant tout garder pour lui. Et cela eut un effet pervers, il avait aussitôt oublié les directives de son médecin, s’attaquant au paquet de cigarettes caché au fond du dernier tiroir de son bureau, mis là en cas de temps difficiles. Plutôt que d’aller à l’endroit habituel pour une dose de bonheur, il descendit les deux étages qui le séparaient du rez-de-chaussée et de la sortie de l’immeuble. L’homme réprima de petits frissons face au froid de Janvier mais rien ne le ferait changer d’avis. Même pas le regard accusateur de son second qui passait devant lui au moment où Gaëtan prenait son service. Ce dernier semblait toujours lui en vouloir pour la surcharge de travail et de ne pas se rendre compte de la situation. Cela n’arrangea en rien l’ambiance tendue du département.
Les esprits étaient à couteaux tendus à l’approche du bilan fiscal de l’entreprise en Mars. Des kilomètres de papier à voir et à revoir pour ne pas se faire épingler par la direction, et surtout pour ne pas voir quelques têtes sauter. Le contexte était tel que trouver un autre travail relevait du miracle. C’étaient les deux hommes qui se chargeaient à chaque fois de cette tache ardue, délégant de manière exceptionnelle leur travail aux autres. Les heurs et les échanges se faisaient de plus en plus nombreux entre eux jusqu’à ce que Melvym demande une trêve, voulant savoir ce qui n’allait pas. Gaëtan lui exprima qu’il condamnait son attitude autodestructrice alors que son chef disait qu’il voulait vivre et son caractère acariâtre. Rien ne contentait Melvym au travail, sauf ce que lui faisait et le second en avait plus que marre.
L’homme semblait être totalement vidé une fois que tout ce qu’il avait sur le cœur eut franchi ses lèvres.
- D’accord, murmura Melvym avant de lui demander de sortir.
Une fois la porte fermée, il envoya valser tout le bureau dans un geste rageur avant d’abattre ses coudes sur la table et de mettre sa tête entre les mains. Il avait une petite idée de ce qu’on pensait de lui, il avait déjà entendu les conversations au détour des couloirs mais ce qu’il venait d’entendre dire en face était un choc violent. Il avait en plus l’impression d’avoir trahi les convictions dans le travail, de toujours écouter les autres et que c’était une équipe, les compétences de tout le monde comptaient.
Il mit trois jours avant de se décider à aller lui présenter des excuses, à justifier son caractère. Gaëtan resta surpris, ne sachant pas quoi dire devant cette démarche pour le moins inhabituelle avant d’éclater de rire.
- C’est bizarre d’entendre des excuses de ta bouche mais c’est bien. C’est un premier pas, lui répondit Gaëtan.
- Tu veux bien m’aider ?
- C’est la demande du patron ou de la personne ?
- Les deux.
Un sourire sincère lui répondit. S’ouvrir aux autres avait parfois du bon.
La musique irlandaise résonnait entre les murs cossus du pub. Les banquettes de cuir vert bouteille, les tables de chêne massif, des photos faisaient du lieu, un cadre chaleureux, propice à la bonne humeur et à la fête de la st-Patrick. Confortablement installé, délesté de son manteau, Melvym portait son regard sur une minuscule piste de danse où quelques couples montraient leurs dons pour les danses irlandaises avec plus ou moins de réussite. Un sourire discret éclairait son visage, pourtant si fermé en temps ordinaire mais il se sentait, prompte à faire la fête.
Deux pintes de Guiness pleines s’abattirent devant lui sur la table et le porteur sur la banquette en face de lui. Gaëtan rouspéta que c’est un enfer à parvenir au bar et à se faire servir, tout le monde voulant être le premier à repartir avec sa précieuse commande. L’autre répondit juste qu’il l’avait voulu, que lui n’y serait pas allé pour tout l’or du monde, quitte à mourir de soif avant de partir dans un fou rire communicatif.
Pendant ces deux derniers mois après leur mise au point verbale, les deux hommes avaient appris à s’apprécier et se parler. De nombreux centres d’intérêts et le maniement d’un humour noir les avaient fait s’entendre plus qu’ils ne le pensaient. Gaëtan gardait un œil au travail sur les consommations de son chef, même si il savait que ça n’avait que peu d’incidence. C’était le geste qui comptait et le soutien moral jusqu’à se faire complètement à la situation. Et de temps en temps, ils se faisaient des sorties pour décompresser, tout changeait. Les règles du jeu, plus de positions de supériorité et il n’y avait aucune allusion au privé et au travail. Tout restait dans ses limites.
Bien après quelques peintes, les langues s’étaient déliées, abordant des sujets vierges, les discussions se faisaient plus animées tout en devenant tout aussi intimistes. Sans qu’ils s’en rendent compte, un petit jeu de séduction se mettait en place entre les deux hommes. Tout en essayant de faire fléchir l’autre sur des sujets intéressants, on testait les défenses, jusqu’à attaquer frontalement, ouvertement. Jusqu’à se mettre dans le doute le plus profond et dire le mot terminé à cet amusement.
Ce fut aux alentours de minuit qu’ils sortirent du pub. L’air leur avait brusquement rappelé que l’hiver était toujours présent, par une bise glaciale. Les deux hommes montèrent leurs cols jusqu’au menton, mirent les gants mais le froid passait à travers tout, contractant tous leurs muscles. Ils déambulèrent les rues, voulant chasser l’alcool bu pendant la soirée pour prendre le métro afin de rentrer chez eux. C’est ainsi qu’ils arrivèrent sur les quais du fleuve qui traversait la ville. Le vent se faisait plus fort, le couloir fourni lui étant propice.
Melvym se plaignit de cela mais n’eut pas la compassion voulue par son second, ce dernier ne craignant pas le moins du monde le vent, se moquant par la même occasion du petit côté chochotte de son chef. La réaction ne se fit attendre et le jeune homme eut une grimace de douleur quand un coup de poing atterrit sur sa tête. Il s’indignait avant de partir de débat sur les meilleurs films à l’affiche. Petit à petit, le petit jeu reprit où il s’était arrêté jusqu’à ce qu’ils arrêtent leur marche sous un lampadaire. Ils s’étaient un peu rapprochés et Melvym posa ses lèvres sur celles de Gaëtan tout en passant une main possessive sur sa nuque. Tout de suite commença un lent ballet partagé sans se soucier des quelques passants pouvant passer par là. Quand ils se séparèrent, front contre front, leurs yeux lancèrent des interrogations muettes. C’est en silence qu’ils arrivèrent à la station de métro, chacun partant dans la direction opposée. Ne sachant pas quoi faire ou dire, c’est sur un simple signe de la main que leurs au revoir furent signés.
De retour avec la première partie d’un one shot. Toutes mes excuses pour l’absence, des évenements et une non-motivation à se mettre devant font que les chapitres sont plus longs à venir. Je vais essayer de rattraper cela.
Bises à tous ceux qui passent ici encore.
Mots-clefs :one shot, Perriline, Tasse de Tabac
Posted by Perriline on oct 28, 2009 in
Les petits riens [blablas]
Coucou à tous
J’espère que vous allez tous bien.
C’est juste pour dire que le site n’est pas mort, loin de là. Je manque juste d’un peu de temps pour vous écrire la suite. La fac ayant changée ses horaires et le nombre de ses semaines de cours, les profs nous donne tout à rendre à la rentrée de Toussaint donc j’ai toujours la tête dans les gros dossiers et autres commentaires. Ce qui est sûr, c’est qu’à la mi-novembre, le rythme des chapitres reprendra.
La bonne nouvelle, c’est que le chapitre est déjà à moitié rédigé. ^^
Merci de votre patience et bises à tous.
Perriline
Mots-clefs :Perriline
Posted by Perriline on oct 3, 2009 in
Les landes de la veangeance [en cours]

Assis sur un matelas nu de tous tissus, Caith était pensif, la tête entre les mains. Comme perdu dans un autre monde. Il n’avait pas entendu la porte s’ouvrir légèrement pour laisser le propriétaire des lieux s’adosser au chambranle de la porte. La veille, c’était lui dans la même position sur son lit et son adjoint qui le sortit de sa léthargie pour une scène de crime dont il se serait bien passé de voir. Il observa cette pièce, d’habitude vide de toutes choses mis à part les éléments essentiels à une chambre. Les affaires étaient partout sur le sol comme s’il avait cherché désespérément un objet ou autre chose, les valises étaient ouvertes, les sous-vêtements jetés en vrac dedans. James remarqua pour la première fois depuis qu’il était arrivé dans cette pièce que les draps avaient été retirés, ne laissant plus que le matelas nu. Il pouvait distinguer le ronronnement de la machine à laver à la salle de bains. Sur le coup, il se demanda pourquoi il les lavait alors qu’il les avait changés un jour avant que Caith ne vienne squatter son cottage puis ce qu’il s’était passé la nuit précédente lui revint comme un boomerang. Il se mordit le bout de la langue sous cette pensée agréable, néanmoins perturbante.
- Bonsoir, dit l’inspecteur d’une voix inhabituellement amicale envers son adjoint.
L’intéressé sursauta, surpris de le voir déjà rentré. Il ouvrit la bouche sans pour autant en faire sortir le moindre son. Il se contenta de se lever, de ramasser les vêtements trainant par terre afin de les défroisser un peu et les mettre sur une chaise.
- Tu es rentré tôt, finit par dire Caith en se tournant vers lui.
- Il le faut. Tu veux manger quoi ?
James se décolla de son appui, mit les mains dans ses poches et fit un pas dans la chambre. Il fut surpris que Caith se mette à le tutoyer si soudainement.
- Alors ?
- Quoi ?
- Manger. Ce soir. Tu veux quoi ?
- Je n’en sais rien. Ce qu’il y a.
- Bien.
Caith voulut ajouter autre chose mais il n’arrivait pas à en avoir le courage. Il préféra l’entendre partir, fouiller dans les placards à la recherche de nourriture. Le jeune homme maudit sa propre lâcheté devant le fait, préférant effacer toutes les traces, même celles sur les corps ne seraient plus là dans quelques jours. Dans quelques jours non plus, il n’y aurait plus de traces de lui dans cette maison. Une foule d’émotions lui passait par la tête sans qu’il sache quoi choisir. Dans ces cas-là, l’armée venait à lui manquer.
Il continua à plier ses vêtements correctement afin de rentrer, le reste était mis en un tas pour le lave-linge après que la première machine soit terminée. Une fois tout fini, il regarda satisfait son œuvre puis il alla à la cuisine où il trouva James les manches de sa chemise retroussées, un vieux tablier autour de la taille en train de gouter la sauce qui mijotait dans une petite poêle. Sur un autre feu de la cuisinière, bouillait une casserole d’eau salée et de pâtes.
- Il y en a pour combien de temps ?
- Ça va être prêt.
La table avait déjà été mise. Caith sortit une bouteille d’eau et une bouteille de vin blanc du frigo qu’il posa aussitôt sur la surface de la table.
- Alors ce meurtre ? Se risqua à demander Caith.
- Décapité par un sabre, lui répondit laconiquement James tout en posant ses plats sur une grande plaque.
Ce fut presque les seules paroles qu’ils s’échangèrent durant le repas. Le silence était gêné, emprunt de pudeur. Ce n’était pas des hommes qui parlaient facilement de leurs sentiments, de plus leurs esprits étaient aussi occupés par leur travail. Caith fit la vaisselle pendant que James était retourné dans le salon à ajouter de nouveaux documents à son tableau. Puis le jeune homme retourna dans la salle de bains, sortit la literie de la machine pour la mettre dans une grande corbeille en plastique et alla à l’extérieur par la porte de derrière.
Il y avait un jardin bien entretenu caché des yeux et de la route. Il marcha sur les dalles de pierres au milieu de la pelouse pour atteindre l’étendage. Deux piquets de fer et deux fils étaient ce que James appelait un étendage auquel pendait une petite corbeille de plastique. Doucement, il tira un drap blanc qu’il jeta sur le fil qui ne manqua de rebondir sous le poids, il prit chacun des bords, il l’étira pour le mettre comme il faut. Deux fois encore il répéta cette opération puis il se tourna vers la vue qu’offrait la lande après le jardin. De l’herbe, des pierres et quelques arbustes étaient tout ce qui la peuplait. Le paysage pouvait paraître ingrat à beaucoup mais si l’on s’attardait un temps, c’est la majesté du lieu qui se mettait devant les yeux. Il y avait aussi quelques autres cottages sur ce sol, offrant les rares arbres. Le jeune homme avait entendu James passer la porte de derrière, les gonds trop vieux grinçaient de façon reconnaissable entre toutes.
- Qu’est-ce que tu fais dans le jardin ? Lui demanda-t-il las.
- Je finis d’étendre la literie comme tu peux le voir.
- Ah.
Caith aurait espéré, même voulu qu’il fasse une remarque bien sentie comme à son habitude, histoire de démarrer une conversation ou une crise de nerfs mais il n’eut encore rien. Juste un regard vert fuyant les interrogations nettes de son interlocuteur.
- Tu devras dormir sur le canapé, je n’ai pas d’autres draps que ceux-là. Je reçois rarement des invités.
- Ça on s’en doute facilement. Il n’y a aucun problème pour moi mais tu as peur que je salisse le matelas.
- C’est ça.
- Je pourrais jeter un œil sur le tableau. Peut-être que je trouverai qui est l’assassin.
- Ça m’étonnerait.
- Putain mais tu ne peux pas arrêter cinq minutes de me dévaloriser. Je travaille aussi bien que toi, sinon même mieux, explosa Caith à bout de nerfs, marquant de lui lancer la corbeille de pinces à linge.
Au lieu de ça, il tourna les talons, laissant tout dehors sur l’herbe grasse du printemps et passant à côté de James pour rentrer. Ce dernier lui saisit le bras brusquement pour exprimer le fait qu’il faisait ça pour son bien, bien qu’une partie de lui aime beaucoup lui adresser des mots blessants et aussi par habitude. La réponse fut toute aussi blessante que les mots. Caith s’était réfugié dans un fauteuil, en position fœtale, la tête sur les genoux. Une dizaine de minutes plus tard, sous un flot de regrets assez inhabituels de sa part, James s’installa dans l’autre fauteuil en face et présenta des excuses sur le bout des lèvres comme si la parole allait le faire mourir emprisonné puis il parla du nouveau meurtre, de la disposition de la scène du crime, l’arme inhabituelle, les papiers retournés et disparus. Trois dossiers avaient été volés et l’inspecteur cherchait le lien entre eux. Celui du petit-fils McDougan, d’une certaine Guenièvre O’Donaill et d’une ancienne sage-femme ayant pris sa retraite depuis quelques années. Caith se démontrait tout aussi perplexe que lui, face au faits exposés par James. Ce dernier se leva, partit fouiller dans une sacoche et en tirer un dossier, celui de la sage-femme.
Il n’y avait pas grand-chose à savoir et il n’était pas arrivé à trouver des informations sur l’autre femme alors qu’il se rappelait avoir déjà entendu ce nom au moins une fois lors de ces derniers jours. Mais où ?
- Le médecin devait faire chanter quelqu’un et un moyen de le faire taire, c’était de le tuer, objecta Caith.
- C’est ce que j’ai pensé en cherchant les informations mais je cherche des liens plus profonds. J’ai l’impression que ce n’est pas du tout dans cette voie. C’est en rapport sans aucun doute avec les premières victimes mais il y a quelque chose qui nous échappe. Si on exclut Maël, qu’est-ce qu’on sait du couple, de Bradan et d’Elene ?
- Lui travaille à la City dans la semaine, dés qu’il lui est possible, il rentre pour s’occuper de son fils et sa femme s’occupe du Pub et de son fils. C’est une ancienne militaire, elle est restée environ quatre ans et est partie suite à une épreuve ratée pour l’entrée dans le régiment des commandos.
- Elle pourrait très bien être l’auteur, en y réfléchissant bien. Elle en a les capacités, le temps. Il est très facile pour elle de s’éclipser en plein coup de feu…
- Et quel serait son mobile ? Demanda Caith une moue indéchiffrable sur le visage.
- Tout peut être son mobile.
- Tu n’as vraiment aucune idée. Personnellement je pense pas que ce soit elle. Ce n’est pas son profil.
- Peut-être qu’elle s’en veut que son fils soit malade. Il peut en mourir facilement d’après ce que Léo a pu m’expliquer. C’est une maladie héréditaire.
Caith s’insurgea contre cette théorie douteuse. Lui ne voyait aucune raison pour laquelle elle aurait pu le faire et il n’avait pas le souvenir que la violence sous toutes ces formes soit sa tasse de thé. En entrant dans le bras armé de la nation, elle avait plus aspiré à se trouver dans les bureaux ou bien dans les hôpitaux. Une erreur d’affectation avait forcé sa volonté et Caith devait reconnaître qu’elle s’en était admirablement bien sortie. Et puis même si ce n’était pas un couple parfait. La perfection n’était pas de ce monde. Rien ne semblait lui donner envie de mort. Le jeune adjoint ne s’était pas contenté de parler avec elle du passé et de se tourner les pouces comme le disait si bien James. Il avait interrogé toutes leurs connaissances pour se faire une idée.
L’inspecteur, de son côté, continuait à discuter sur le sujet en revenant sur les divers motifs pouvant pousser à mettre fin aux jours d’un personne. L’argent, le sexe, la vengeance. Les grands maux du monde depuis la nuit des temps. Caith ne l’écoutait plus que d’une oreille, cherchant un lien ou une réponse à sa propre enquête. Les deux affaires étaient liées. Brusquement, il se redressa en demandant à haute-voix si la sage-femme était toujours en vie.
- Normalement oui d’après ce que je sais, répondit James complètement à côté de la plaque.
- Elle habite à Felkac, à une cinquante de kilomètres d’ici. Pourquoi ça ?
- Tu es déjà allé la voir ?
- Non, je comptais y aller demain à la première heure. J’ai interrogé tout le monde au village connaissant bien le médecin et ça m’a pris pas mal de temps mais heureusement que les gens, par là-bas sont d’une curiosité malsaine, ils sont venus comme des mouches au cabinet. Chacun y est allé de son petit ragot, de sa petite rumeur mais au final pour ne pas m’apprendre grand-chose que je ne savais pas déjà. Ce village est une horreur. Moins j’y mettrai les pieds, mieux je me porterai.
Tout à coup, Caith se mit à se tordre dans son fauteuil comme s’il était à la recherche d’une nouvelle place. En réalité, il était mal à aise à cause de son futur nouveau logement. Il ne comptait pas recevoir un coup de main de cet homme mais, il craignait sa réaction. James, remarquant son changement d’attitude et ayant décider d’éviter certaines remarques malheureuses, se hasarda à demander ce qu’il se passait. Le résultat fut qu’il ne savait pas s’il devait en rire et prendre une colère comme il pouvait en avoir l’habitude quand Caith lui expliqua son odyssée. Il se contenta de faire une grimace difficilement interprétable, même pour les plus initiés. Il confiait ses pensées plus qu’à son habitude mais il ne fallait pas pousser.
Ils restèrent plusieurs heures à remettre en forme les indices, les témoignages, les mises en scène des lieux des crimes que Caith oublia son idée d’aller voir cette sage-femme au dossier manquant à cette heure tardive. Ils étaient arrivés à associer les objets volés des trois derniers cambriolages aux meurtres et aux autres vols commis sur place. Leur question était de savoir pourquoi chercher à prendre ces objets de cette manière alors qu’il était très facile de se les procurer dans les magasins de façon anonyme en allant même dans le comté voisin. Les hypothèses partaient dans tous les sens, de plus en plus échevelé à mesure que les aiguilles avançaient sur le cadran. Les bâillements répétés de James mirent fin à cet échange inédit, Caith se demandait si le lendemain, cela serait comme ça.
Peu de chance en connaissant la bête, songea-t-il en partant à sa suite pour des couvertures afin de dormir sur le canapé.
ooOOoo
L’opéra de Peer Gynt en fond sonore, Caith s’endormait peu à peu dans la berline conduite par James en direction de Felkac. La route était mauvaise rendant la conduite lente et prudente, le ciel avait décidé de verser toute sa peine sur la terre depuis le milieu de la nuit. Sa tête penchait de plus en plus vers la vitre avant d’être vivement secoué par le conducteur qui lui enjoignait de se réveiller une bonne fois pour toute avant leur arrivée à destination. Le jeune homme se frotta les yeux puis jeta un regard mauvais à l’inspecteur. Sa question soudaine était de savoir comment cet homme arrivait à ne pas tomber de fatigue sous cet air impassible.
La nuit avait été plus courte que Caith le pensait, lui qui s’attendait à mal dormir sur le canapé, il n’avait pas prévu de passer toute la nuit dans la chambre de James, à reprendre là où ils s’étaient arrêtés sans un mot. Dire que James avait dit être fatigué, le jeune homme n’en avait pas cru un mot dans la nuit. Le réveil des deux se fit dans l’indifférence, faire comme si rien ne s’était pas passé. Le silence, ils connaissaient depuis des années.
Au volant, James commençait à râler contre le climat, prétextant qu’il perdait du temps sur la route. Caith préféra se taire, prendre le dossier que l’autre avait pris au travail et relire pour la dernière fois les quelques feuilles de papier.
A une interception de route, un panneau indiqua que le village se trouvait à encore cinq kilomètres et un profond soupir sortir de la bouche de James. Ce dernier espérait que l’ancienne sage-femme serait chez elle et pas partie dieu seul sait où. L’espace d’un instant, il disait qu’il aurait mieux fait de laisser un message sur la boîte vocale de la personne qu’il n’était jamais arrivé à joindre puis il reportait son attention sur son passager concentré. Son regard s’arrêta une fraction de seconde, bien assez pour lui jeter un trouble qui manqua de peu de lui faire quitter la route.
Ce fut les mains serrées qu’ils arrivèrent enfin à bon port, dans une rue annexe du centre du village. Semblable à partout dans le comté, la maison était coquette, bien entretenue, comme si elle était tout juste sortie d’un magazine d’un concours de maison et jardin sauf que, d’ordinaire, la pluie n’était pas invitée. Les plantes, habituellement si vaillantes coulaient sous l’eau, la pelouse était presque transformée en champ de boue. Les deux hommes sortirent de la berline tout en dépliant leurs parapluies, franchirent le portail de l’entrée et allèrent s’abriter sous l’avancée de toit. Au bout de trois coups de sonnette, l’inspecteur s’impatienta en poussant un profond soupir. Caith préféra faire le tour du bâtiment pour voir s’il avait plus de chance que certains.
L’autre policier retourna à la voiture tout en ayant vérifié d’être à la bonne adresse. Il ne manqua pas de se faire interpeller par le voisin du cottage d’en face. Ce dernier, âgé d’une cinquantaine d’années, achevait de mettre en place son ciré à capuche jaune et ses bottes tout en sortant de chez lui. Il lui demanda qui il était pour se permettre d’entrer dans la propriété d’autrui de la sorte et lui intima de partir sur le champ.
- Je suis l’inspecteur McKinnell du bureau de Briguac, dit-il pendant que l’autre lui faisait sortir sa carte pour avoir une confirmation de son identité.
- Désolé, il y a pas mal de problèmes dans le coin, ces derniers temps. Il y a une grande série de vols.
- Bien, se contenta d’ajouter James avant de demander où était l’habitante de la maison.
- Madame Dimmesdale est à l’école, la classe a commencé.
- Comment ça ?
- Vous cherchez l’institutrice, non ?
- Non, je voudrais parler à l’ancienne sage-femme.
- Vous arrivez huit mois trop tard. Elle est morte. C’est sa fille qui habite la maison à présent et c’est aussi l’institutrice du village.
- Comment elle est morte, c’est marqué nulle part sur le dossier.
- Une enquête avait été ouverte car Melinda n’a jamais cru à la mort naturelle de sa mère alors que ça l’est. Elle n’avait jamais vraiment coupé le cordon avec elle.
- Ah, fit James qui se promit de passer un savon à l’équipe des archives et à l’inspecteur qui s’était occupé de l’affaire. Merci des renseignements. Où se trouve l’école ?
Le voisin lui indiqua sa route, aidé de grands moulinets des bras. Il n’avait pas beaucoup de chemin à faire mais le temps toujours aussi mauvais, lui faisait reprendre la voiture pour faire les cinq cents mètres le séparant de l’école. Il attendait tout de même, se fendant même de lui raconter les détails de sa conversation avec le drôle d’oiseau qu’était l’homme au cirée jaune. Les deux n’étaient pas mécontents de s’abriter quelques instants.
La voiture fut garée en face de l’école faite de vieilles pierres grises extraites sans nul doute de la lande, tout comme l’église à coté. Le pasteur qui était aussi le concierge du lieu vint au devant d’eux et les enjoignit de rapidement s’abriter de la pluie puis ils longèrent la salle de classe des maternelles puis celle des primaires. C’est à cette dernière que les deux inspecteurs s’arrêtèrent. Discrètement, James frappa à la porte et un petit bout de femme d’une trentaine d’années vint leur ouvrir, une expression surprise sur son visage, se demandant ce que ces deux hommes pouvaient bien lui vouloir.
- Bonjour, je suis l’inspecteur James McKinnell et voici mon adjoint, l’inspecteur Caith Niall, nous sommes de la police de Briguac. Nous enquêtons sur le meurtre de Monsieur Holdaway ainsi qu’un vol de dossiers dans son cabinet. Il se trouve que celui de votre mère fait partie du lot disparu.
La trentenaire ferma délicatement la porte tout en gardant un œil sur sa classe.
- Ah. Vous n’êtes pas sans savoir que ma mère est morte dans des circonstances étranges bien que la police y voit toujours une mort accidentelle.
- Nous avons appris cela à l’instant. La personne en charge du dossier n’a manifestement pas fait son travail correctement. Vous pouvez nous accorder un peu de votre temps pour que nous puissions vous poser quelques questions ?
- J’ai personne pour garder ma classe et qui plus est, mes plus âgés sont en train de préparer l’examen d’entrée au collège.
- Vous finissez quand ? Demanda Caith en regardant les enfants studieux à travers la fenêtre de la porte de classe.
- Dans deux heures.
- Très bien. Nous vous attendrons à la sortie de l’école.
- Merci.
- Puis-je y retourner ?
- Oui.
La jeune femme retourna dans sa classe aussi vite qu’elle en était sortie. Les deux inspecteurs étaient bien loin de se douter des implications de ce qu’elle avait à dire.
Comme d’habitude, le chapitre est en retard. C’est sans doute dû à une grande phase de doutes face à cette histoire et une volonté de revenir à ses sources un peu oubliées dans les derniers chapitres. Le prochain chapitre sera sans doute avant le 20 octobre car j’ai beaucoup de travail à rendre pour la fac et que c’est une priorité sur tout le reste. J’espère que malgré tout vous avez aimé.
Je vous fais pleins de bises aux courageux qui passent encore par ici.
Mots-clefs :Caith, Chapitre 12, James, Les landes de la vengeance, Mauvaises surprises, Perriline